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POLYCARPE (35+115)


Né aux environs de l'an 35 nous connaissons aussi la date exacte de la mort de Polycarpe par martyre: Le 23 février de l'an 115.

Il était l'ami intime de l'Apôtre Jean et celui d'Ignace d’Antioche, depuis les jours de leur enfance commune.

Polycarpe a aussi collaboré avec Crescens dont nous parle l'apôtre Paul dans sa deuxième lettre à Timothée rédigée aux environ de l’an 65 : "Crescens est allé en Galatie, Tite en Dalmatie". (2Tim 4,10).

Concernant cette période Polycarpe écrit : "Je vous écris ceci par Crescens, que je vous ai récemment recommandé et que je vous recommande encore maintenant. Il s'est conduit chez nous de façon irréprochable, et je crois qu'il fera de même chez vous. Je vous recommande aussi sa sœur quand elle viendra chez vous. Portez-vous bien dans le Seigneur Jésus-Christ et dans sa grâce, avec tous les vôtres. Amen." - Polycarpe Lettre aux Philippiens

Nous disposons de preuves formelles que Polycarpe était le presbytre de l'Eglise de Smyrne, et le surveillant de toute l’Asie à qui le Seigneur dît : "Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie." (Rev 2,8.10)

Irénée, disciple de Polycarpe, depuis sa tendre enfance, nous trace un portrait aussi fidèle qu'élogieux d'un presbytre nommé directement par les Apôtres, qui imposèrent les mains sur lui à la fonction épiscopale. Irénée écrit: «Je pourrais décrire l'endroit même où le bienheureux Polycarpe était assis et a enseigné; son départ sortir et à venir dans, toute la splendeur de sa vie, son apparence personnelle. Comment il relatait les conversations qu'il avait eues avec Jean et avec d'autres qui avaient vu le Seigneur, comment il faisait mention de leurs paroles et de ce qu'il avait entendu dire d'eux et respectait le Seigneur".

Irénée nous en dit plus à son sujet : Sa visite à Rome, sa parole contre Marcion et d'autres anecdotes, toutes très instructives. D'autres nombreux faits concordants sont consignés dans la lettre d'Irénée sur le martyre de Polycarpe.

L’histoire relate aussi comment Polycarpe envoyé par les églises d’Asie, s'est rendu à Rome pour y régler un léger différent sur la question pascale avec Anicet, presbytre de Rome. L’affaire ayant été réglée dans l’amour et la paix d’une Eglise fidèle et unie à cette époque.

La Lettre

Les Surveillants et presbytres fidèles de cette époque écrivaient de nombreuses lettres, pour soutenir les autres églises éloignées les une des autres par la distance, et particulièrement sous les feux de la persécution, tout comme le font encore d’ailleurs, les prêtres et les pasteurs d’aujourd’hui pour soutenir leurs églises. Bien-sûr, ces lettres ne faisaient parties du canon de la Sainte-Ecriture, mais en harmonie avec le canon, elles commentaient la vie fidèle des églises locale, l’exemple laissé par les Chrétiens en proie aux persécutions, et dans l’Esprit saint, soutenaient la foi des autres presbytres et des fidèles, tout en enseignant ceux qui avaient besoin de mieux comprendre la Sainte parole inspirée.

La Lettre de Polycarpe aux Philippiens est particulièrement intéressante car elle signale l'état d'esprit de cette église première-née des églises européennes, et tellement aimée de Saint-Paul. Cette lettre abonde en sagesse pratique, et est riche en citations bibliques. Elle reflète parfaitement l'esprit de Saint-Jean, l’Enseignant de Polycarpe. On y trouve les mêmes expression, les mêmes caractéristiques, le même amour que le disciple bien-aimé du Seigneur. Rien ne peut être plus clair que sa vision sur la doctrine du salut.

Polycarpe y est aussi en parfaite harmonie avec saint Paul, par exemple sur sa définition de l'amour chrétien. L'authenticité de la lettre ne fait aucun doute. Elle est abondamment établie par les preuves internes et étayée de nombreux témoignages externes, comme Ignace, Irénée ou encore l’historien Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, qui fait aussi mention de la lettre de Polycarpe aux Philippiens. (Hist. Eccl., 3 36)

Dans sa lettre, Polycarpe réaffirme un certain nombre de vérités bibliques. Il distingue Dieu du Christ, l’un étant le Père, l’autre le Fils, et dit que c’est "selon la volonté de Dieu par l’intermédiaire de Jésus Christ" que nous obtenons le salut. Polycarpe met en garde ses lecteurs contre l’amour de l’argent, et leur rappelle que les fornicateurs et les hommes qui couchent avec des hommes n’hériteront pas du Royaume de Dieu (1Tim 6,10 1Cor 6,9-10). Il exhorte également les femmes à aimer leurs maris, et les anciens à faire preuve "de compassion et de miséricorde". Tous sont exhortés à "être zélés dans la recherche du bien". Polycarpe termine par cette requête: "Que le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, et Jésus Christ Lui-même, qui est le Fils de Dieu et notre Grand Prêtre éternel, vous édifient dans la foi et la vérité, en toute douceur, bonté, patience, longanimité et pureté!"

Comme nous le voyons, Polycarpe citait abondamment les Écritures. Dans sa lettre aux Philippiens, il se réfère, entre autres, à l’Évangile selon Matthieu, au livre des Actes, à la lettre aux Romains, aux deux lettres aux Corinthiens, aux lettres aux Galates et aux Éphésiens, ainsi qu’à la seconde lettre aux Thessaloniciens, à la première lettre à Timothée et à la première lettre de Pierre.

Nombre de renseignements de première valeur font connaître ce ‘géant’ du christianisme originel, qu'est Polycarpe. Les lettres d'Ignace, en particulier celles qui sont adressées, l'une aux Smyrniotes, l'autre à leur presbytre, le compte rendu du martyre, les indications fournies par Irénée, qui a reçu lui-même l'enseignement de Polycarpe, et qui le rappelle dans sa correspondance (lettres à Florinus, au pape Victor) et dans le 'Contre les hérésies' (III, 3, 4) ainsi que 'La Vie de Polycarpe', de Pionios, offrent de données historiques sûres. Tous témoignent de la place tenue par le presbytre martyr dans la mémoire de l'Église primitive. Tous ces éléments, à quoi s'ajoute l'apport propre de l'auteur, ont été repris par Eusèbe dans son Histoire ecclésiastique (III, IV et V).

Le consentement est général parmi les scientifiques sur l'authenticité tant de Polycarpe que de ses écrits.

Nous en savons assez, par les apports externes, pour percevoir l'homme, bien différent d'Ignace, ce que relèvent aussi ses deux lettres. Revêtu assez jeune de la charge de presbytre, il fut un homme de l'Église universelle.

Le livre de l'Apocalypse témoigne de sa fidélité et de son authenticité, lorsque le Christ félicite l'église de Smyrne, dont il est le pasteur.

"Tiens ferme, comme l'enclume sous le marteau", lui écrit Ignace. Il sera d'une inébranlable, jusqu'au martyre d'une sérénité inimitable.

Irénée nous dit que Polycarpe a écrit plusieurs lettres. Il ne reste de ce qui a été envoyé aux Philippiens qu'un billet et une lettre. Le billet règle avec les Philippiens des affaires de correspondance juste après le passage d'Ignace.

Dans la lettre, quelques années plus tard, Polycarpe console cette église éprouvée par le martyr d'un de ses responsables. Le presbytre de Smyrne est fidèle en amitié, les poussant à garder mémoire du presbytre martyr qui a séjourné chez lui. Il est solide dans sa foi, et sa sûreté chrétienne est évidente. Il est solide dans le rappel du sérieux, pour tous, de l'existence chrétienne.

L'agencement, très équilibré, des diverses composantes de ce que Polycarpe a transmis après l'avoir reçu est surprenant. Etre une ''enclume'', quand il s'agit de l'appartenance au Christ, est aussi un don de l'Esprit.

L'authenticité et la foi de la lettre de Polycarpe est donc à plus d'un titre indiscutable, et nous encourage à continuer de servir fidèlement aux côtés des fidèles du passé.

À bas les impies!’

Les masses païennes le tenaient pour un impie, qui cherchait à miner leur foi et à détruire leurs dieux. Objet du mépris de tous, il fut amené devant la foule en furie. Interrogé par le gouverneur, cet homme âgé de 86 ans s’avança, plein de majesté, et déclina son identité. Il s’appelait Polycarpe.


Statius Quadratus, le gouverneur romain de la province, prononça ces mots : "Jure par la fortune de César! reviens à toi, et dis: "À bas les athées!" Polycarpe fixa du regard la vaste foule de païens qui remplissait l’amphithéâtre. Puis, étendant la main vers elle, il leva les yeux au ciel et dit en soupirant : "À bas les athées !" C’est-à-dire: ‘À bas les impies!’

Se faisant encore plus pressant, le proconsul lui dit: "Jure et je te relâche; injurie le Christ !" Ce à quoi Polycarpe répondit : "Il y a quatre-vingt-six ans que je Le sers, et jamais Il ne m’a fait de mal; comment pourrai-je blasphémer mon Roi et mon Sauveur?"

On fit donc les préparatifs nécessaires à l’exécution du vieillard. Sa chair allait être consumée par le feu.